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Le Retour de la Vengeance

Le Retour de la Vengeance

Quand Kill Bill, Taken et the Crow débarquent dans votre salon

Les histoires de vengeance font tellement partie de notre culture que s’en priver reviendrait à se trancher un membre. Elles représentent tous ces trucs que nous adorons tous : la révolte d’un opprimé, le châtiment des salauds par les justes… et des litres d’hémoglobine. Ok, Gandhi n’approuverait pas, mais Jean Claude Van Damme, lui, le ferait. Et dans une baston entre les deux, je sais sur qui je parierais…

Les auteurs de Vengeance ont extrait la substantifique moelle de ce concept pour en faire un jeu de plateau 100 % badass. Vous et jusqu’à trois autres participants allez incarner des victimes de terribles tortures, laissées sur le carreau par des criminels, et à présent ivres de vengeance. Peut-être serez-vous Léa Pistolera, l’extravagante experte des armes à feu qui s’est fait trancher deux doigts par les Hell Riders ? Ou alors Johnny Silver, le robuste punk qui a subi le supplice de la baignoire des mains des Tengu-Kai avant d’être électrocuté ? Quoi qu’il en soit, vous avez préparé un retour à l’envoyeur à un certain boss du crime qui ne se doute de rien.

La vengeance est un plat qui se mange froid.

Au cours de la partie, vous allez concourir avec les autres joueurs pour accumuler le plus de PV (des points de victoire, pour ceux qui arrivent d’une autre planète). Vous allez vous renforcer et gagner des améliorations qui vous permettront de lancer des combos dévastateurs. Vous allez vous faire péter quelques dents à coup de pompes mais, au final, c’est vous qui éclaterez les crânes de ceux qui les portaient. Vous l’aurez compris, Vengeance est un jeu viscéral au rythme endiablé, qui dispose un sens de la mise en scène prononcé.

La partie commence avec le préjudice, une phase de draft de cartes qui va déterminer quels gangs s’en sont pris à vous et de quelle manière ils vous ont brisé. L’aspect stratégique du préjudice n’est pas à négliger et, avec un peu de pratique, il se révèle plus subtil qu’on pourrait le penser. Vous pouvez par exemple essayer d’amasser les cartes d’un seul et même gang ou opter pour la diversité. Connaître les options retenues par vos adversaires devrait influer sur vos propres choix.

Ensuite, vous allez révéler les cartes que vous avez retenues et qui vont dicter vos premiers objectifs de la partie, ainsi que le grand méchant à qui vous allez rendre la monnaie de sa pièce. En quelques choix rapides, vous allez poser les bases du calvaire vécu par votre personnage. Les épreuves endurées vont infliger des dégâts sur les différentes pistes de la fiche de votre héros, fonction du type et de la gravité des tortures que vous avez subies.

Ce prélude narratif, dirigé par le joueur lui-même, constitue l’un des éléments moteurs du jeu. Il serait facile de le négliger, l’œil attiré par les magnifiques figurines ou les illustrations évocatrices. Il se fond avec aisance dans la première phase du round de jeu, le montage, au cours duquel vous allez effectuer un draft de dés depuis une réserve commune afin de panser vos plaies, de lancer des recos sur les repaires ennemis et renforcer votre héros à l’aide d’améliorations et de matos. Un peu comme quand Liam Neeson se remet de ses blessures en nettoyant ses flingues, puis qu’il va casser la gueule à quelques petites frappes pour savoir où se terre le méchant. Et tout ça en quelques minutes de réflexion contemplative…

Après le montage, on entre vraiment dans le vif du sujet : la castagne ! À tour de rôle, les héros vont entrer sur l’une des magnifiques dalles qui composent les différents repaires et qui semblent issues de jeux plus traditionnels, tels Zombicide ou Descent. Mais en place et lieu des zombies ou des gobelins, vous allez devoir affronter les gangstas allumés des Lordz ou du Clan Zuce. Moins fantastique, mais nettement plus glauque.

Le combat en lui-même est résolu individuellement : chaque héros dispose d’une petite réserve de dés préalablement lancés qu’il va dépenser pour effectuer diverses actions. Pendant ce temps, le sablier égraine les trois minutes dont le joueur dispose pour résoudre ses trois lancers de baston. Juste ce qu’il faut pour ajouter un peu de pression et botter les fesses des traînards et des indécis.

Si le temps se révèle suffisant lors de vos premiers affrontements, le stress augmente lorsque les combats se font plus ardus, les ennemis plus nombreux et que votre héros dispose de plusieurs améliorations permettant de convertir les dés de multiples façons. Découper des brutes en rondelles lors d’enchaînements sanglants et brutaux provoque un sentiment de puissance aussi jouissif qu’addictif, à condition de ne pas bailler aux corneilles !

Les dés sont dépensés dans le déplacement qui permet au personnage de se placer stratégiquement, dans des attaques de mêlée contre les adversaires au contact, ou dans des tirs sur les ennemis plus éloignés. Par contre, les masques noirs provoquent des activations d’ennemis qui peuvent faire très mal !

Le but est simple : nettoyer le repaire de la vermine qui l’occupe et enfoncer votre lame dans le petit crâne en plastique du boss. Si vous possédez les bonnes cartes d’objectif, lui faire la peau se révélera particulièrement lucratif ! Le problème, c’est quand les autres joueurs vous mettent des bâtons dans les roues…

Dans Vengeance, l’interaction entre les joueurs est indirecte. Vous allez essayer de glisser des grains de sable dans les rouages soigneusement huilés de la machine de mort des autres joueurs, en choisissant vos dés de manière stratégique ou en attaquant les repaires qui les intéressent. Si, par exemple, lors de la reco d’un repaire, je découvre que Vuk l’Ours, un sale type pour lequel vous avez amassé plusieurs cartes Vengeance avec peine, s’y terre, je vais tout faire pour maximiser mon initiative lors du draft de dés afin de vous priver de votre douce revanche. Et vous allez en pleurer, pas parce que Vuk vous aura cramé les tétons avec des pinces électriques, mais parce que j’aurais stratégiquement ruiné votre fête. Si vous n’affrontez jamais les autres joueurs directement, n’allez pas penser qu’ils sont vos potes pour autant.

Vengeance possède un style unique, qui le met à part des tous les autres jeux que vous avez pu connaître. Outre son design classieux et ses mécaniques de jeu aux petits oignons, Vengeance propose un rythme de jeu très particulier grâce à l’alternance des phases de montage et de combat qui fait office de véritable ascenseur émotionnel.

La double perspective induite par les différentes phases constitue l’un des points forts du jeu : les joueurs endossent tour à tour la casquette du réalisateur et celle de l’acteur. Vous n’allez pas simplement incarner Uma Thurman, mais vous serez également Quentin Tarantino dans votre propre version de Kill Bill ! Et tout cela grâce au contrôle dont vous disposez sur le préjudice et les phases de montage entrecoupées de combats sanglants. Vous ne vous contenterez pas d’être juge et bourreau : vous serez également le chef d’orchestre qui dicte le tempo et le producteur qui exerce son contrôle éditorial. Ce mélange provoque un sentiment de puissance et ajoute encore plus d’immersion à un processus de jeu déjà fascinant et unique.

Si vous êtes du genre à arpenter les rues la nuit, cherchant à redresser des torts ou à régler vos comptes, alors Vengeance est fait pour vous ! En fait, si vous êtes un être humain normal et que vous avez un minimum de tripes, Vengeance est fait pour vous ! Don Zemun, tiens-toi prêt : toi et ton sale macaque allez y passer !

Adapté d’un article de Charlie Theel sur Geek & Sundry (@CharlieTheel).


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