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Aux armes, citoyens !

Aux armes, citoyens !

Les acteurs de la Révolution dans Le Règne de la Terreur

« Nos ennemis font une guerre d’armée, vous faites une guerre de peuple. »
— Maximilien Robespierre (16 avril 1793)

Le Règne de la Terreur est un scénario en deux parties qui se déroule durant la Révolution française, au cours des années 1789 et 1794. On peut le jouer comme une mini-campagne distincte, ou comme un interlude historique à insérer dans la campagne de Chaosium Terreur sur l’Orient Express.

La première partie se passe aux prémices de la Révolution et emmène les investigateurs dans les catacombes de Paris. Ils devront aussi braver l’environnement perfide de la vie de cour, où l’horreur naît de la débauche et de la dépravation. La seconde partie, qui a lieu durant la Terreur, les plonge dans une conspiration où des espions recherchent ceux qui pourraient déstabiliser le nouveau régime. Pris entre le chaos et les dangers de Paris, ils devront trouver le moyen d’empêcher un cauchemar qui jetterait la France et le reste de l’Europe dans les ténèbres.

Prémices de la Révolution

Nous vous avons déjà présenté les grandes lignes de ce supplément et le contexte historique dans lequel il se déroule. Aujourd’hui, nous nous intéressons aux acteurs de la Révolution : ceux qui l’ont vécue, pour le meilleur ou pour le pire.

La noblesse

Les nobles représentent environ deux pour cent de la population parisienne, soit environ 20 000 personnes. Ils vivent dans les manoirs des quartiers huppés du faubourg Saint-Germain ou du Marais, avec tout le confort moderne (des baignoires, par exemple). Ils portent des costumes coûteux et complexes, aux couleurs vives. Les hommes arborent des perruques poudrées et les femmes d’immenses coiffures extravagantes, s’efforçant de suivre la mode et de copier les créations de Monsieur Léonard, coiffeur de la reine.

Les bourgeois

Des plus fortunés à ceux de la classe moyenne, les bourgeois représentent 25 000 foyers, c’est-à-dire environ 14 % de la population de Paris. Ils vivent au faubourg Saint-Germain ou à Montmartre, le quartier des banques, ou encore près du Palais-Royal. Les hommes portent de riches étoffes aux couleurs sobres (vert, bleu ou marron foncé) et participent activement à la direction civique de leur communauté. Les femmes tentent de se vêtir de tenues aussi vives et raffinées que les aristocrates ; elles prennent des bains à domicile dans de l’eau amenée par porteur ou se rendent aux bains publics.

Les pauvres

Les ouvriers, les domestiques et les pauvres constituent les 84 % restants de la population. Ils vivent dans le dédale de rues sombres, crasseuses et surpeuplées autour de l’île de la Cité, près du marché central des Halles, dans le faubourg Saint-Antoine à l’est, ou sur la rive gauche près de la Bièvre (où l’on trouve les tanneurs et les teinturiers). Ces quartiers sont remplis de milliers de travailleurs sans emploi, affamés, des immigrants venus des régions les plus miséreuses du pays qui deviendront bientôt les sans-culottes de la Révolution, ainsi nommés parce qu’ils portent le pantalon plutôt que la culotte courte et les bas associés aux nobles et aux bourgeois.

Les hommes non qualifiés doivent subsister avec 20 à 30 sous par jour, tandis qu’un artisan compétent en gagne 50. Les femmes reçoivent moitié moins. En plus des ouvriers pauvres, on trouve entre 150 000 et 200 000 Parisiens qui vivent de la charité : enfants, personnes âgées, veuves, malades, estropiés et infirmes.

L’armée royale

Presque tous les officiers de l’armée royale sont des nobles. Les soldats disposent d’un statut très modeste dans la société et portent des uniformes blancs ou crème. Les fantassins sont équipés de mousquets et de baïonnettes, ou bien de mousquets légers appelés « fusils ». On s’engage dans l’armée pour une période de six à huit ans.

Les soldats dorment à deux par lit dans une caserne. On leur sert à manger deux fois par jour, le repas étant composé d’une soupe (de pommes de terre et de navets) accompagnée de pain et de viande. Elle est servie dans une « gamelle » commune, un chaudron posé au milieu de la table. Chaque soldat y puise avec sa cuiller, du plus ancien au plus jeune, jusqu’à ce que la soupe soit terminée. Les bleus doivent rapidement se « cuirasser le palais » s’ils ne veulent pas être à la traîne, toujours occupés à souffler sur leur soupe alors que les vétérans endurcis ont déjà enfourné trois ou quatre bouchées brûlantes.

On retire diverses sommes de leur salaire, y compris les frais de bouche et d’alcool. Un soldat peut gagner de l’argent après les heures de service en se livrant à un travail civil, mais les officiers demandent généralement à en recevoir une part et retiennent parfois la paye entière tant qu’il exerce une activité secondaire. Pas étonnant dans ce cas que bien des soldats français sympathisent avec le peuple : les désertions sont de plus en plus nombreuses en 1789. Les membres du régiment des Gardes françaises, garnison permanente de Paris, refusent d’obéir aux officiers en juillet et certains vont jusqu’à participer à la prise de la Bastille.

L’armée révolutionnaire

Le système des noms de régiment est abandonné au profit d’une répartition en demi-brigades numérotées. On réprime les exactions perpétrées par les officiers de l’ancienne armée royale. Les soldats sont invités à s’appeler « citoyen » entre eux et à débattre de politique avec leurs officiers (une nouveauté que ces derniers n’apprécient guère). En dehors de cela, la vie continue comme avant. La tradition de la gamelle commune demeure jusqu’à l’avènement de Napoléon.

Au début, uniformes et armes (mousquet, poudre et munitions) sont rares : les hommes se retrouvent vêtus et équipés d’accessoires divers et variés selon ce qu’ils parviennent à réquisitionner, à voler ou à récupérer. Les vétérans en uniforme blanc se mêlent aux Gardes nationaux en veste bleue et aux nouveaux volontaires, que seul le calot rouge identifie comme des soldats. Les uniformes sont souvent confectionnés à partir de tenues civiles. La cocarde tricolore est le seul accessoire porté par tous.

Un grand nombre de volontaires enthousiastes (les premiers sans-culottes) doivent être incorporés en toute hâte dans l’armée, ce qui ne manque pas de causer des frictions entre vétérans et nouvelles recrues. Les premiers considèrent les seconds comme des rustres mal formés, et la différence de salaire (on paie davantage les volontaires) exacerbe les tensions.

Lazare Carnot, ministre de la Guerre, parvient à obtenir une collaboration efficace de la part de ces deux groupes en procédant à des réformes indispensables. Il intègre par exemple des bataillons de jeunes soldats téméraires (et sans doute un peu trop déterminés à mourir au nom de « la liberté, l’égalité et la fraternité ») parmi les vétérans de l’ancienne armée royale, afin que les plus aguerris puissent guider les intrépides jeunes gens et leur inculquer un peu de bon sens : deux bataillons de volontaires viennent ainsi rejoindre chaque bataillon de vétérans.

Lorsque la Terreur s’éternise, les officiers de la nouvelle armée, aigris, se plaignent que leurs soldats les dénoncent comme aristocrates pour s’être simplement comportés en militaires. « Parce que je les employais pendant cinq jours aux exercices et manœuvres… parce que je faisais prendre les armes deux heures avant le jour… [ils affirment] que j’étais un vrai despote et trop brutal envers eux. » (Roch Godart)

Des « représentants du peuple » sont nommés pour s’assurer que les généraux demeurent loyaux envers le gouvernement ; il reçoivent à cet effet des pouvoirs presque illimités pour enquêter sur les affaires militaires. Durant la Terreur, nombre de généraux et de nobles survivants sont exécutés, permettant des promotions rapides parmi les rangs les plus modestes. Chaque jour, les représentants du peuple arrêtent colonels et généraux pour traîtrise sous les prétextes les plus frivoles et les envoient au tribunal révolutionnaire de Paris, qui a tôt fait de les expédier à la guillotine.

L’armée révolutionnaire continue d’évoluer et finira par devenir la légendaire Grande Armée de Napoléon.

Une véritable poudrière

Louis XVI est le dernier roi de France. Ce dirigeant pitoyablement triste et dépassé ne fait rien pour endiguer la marée montante de l’opinion publique. À la veille de la Révolution, il est accablé par la mort subite du Dauphin, son fils de sept ans et héritier, des suites de la tuberculose. Quant à la reine Marie-Antoinette, elle est le symbole détesté de l’aristocratie. Elle dessert sa propre cause par ses dépenses excessives, parmi lesquelles l’achat d’une ferme modèle près de Versailles, où elle joue à la vachère.

Dans ce contexte très tendu, où le peuple meurt de faim tandis que les riches et les puissants se laissent aller aux dépenses les plus futiles, il n’est guère étonnant que les forces maléfiques du Mythe se saisissent de l’opportunité de faire des leurs…

Préparez-vous à vivre Le Règne de la Terreur comme aucun livre d’histoire ne pourra jamais retranscrire les tourments de la Révolution française !


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